Contre la déchéance de nationalité

François Hollande est à court de réponse contre le terrorisme. Il a déjà envoyé des militaires ici et là, sans résultat notable, bombardé la Syrie, fait les gros yeux, prononcé… euh… des tas de… euh… discours qui… euh… n'ont marqué… euh… personne, même pas dans la justice.

Après les terribles attentats de novembre dernier, il fallait agir et protéger sa ré-élection, pardon l'œuvre de sa vie, la COP21. Pour cela, le Président instaura l'état d'urgence, le prolongea et le bon peuple vécut heureux et en paix. Sur le papier.

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La Saal affaire de Valls

L'énormité et la stupidité de la faute de Manuel Valls me laissent dans la perplexité la plus totale. Comment un animal politique aussi doué que lui a-t-il bien pu s'embourber si profondément ? Beaucoup de gens lui reprochent son voyage en Allemagne pour aller assister à un match de foot et ils ont de nombreuses raisons de le faire, quel que soit leur bord politique.

I - Le départ du congrès

Quitter le congrès du PS pour aller voir un match de foot en temps normal serait déjà très maladroit. En cette période précise, c'est une erreur majeure à plusieurs titres.

1 - On ne se tire pas d'un congrès de rassemblement

Le but de la rencontre de Poitiers était de ressouder le PS qui part dans tous les sens. Le gouvernement échoue loi après loi, déclaration après déclaration, posture après posture… Tout comme à l'UMP Les Républicains, le parti ne fédère plus grand monde. Les adhérents rendent leurs cartes, les soutiens d'hier prennent leurs distances, les sondages sont mauvais, etc.

Le plan était donc de donner l'image d'un parti fort, uni et dynamique. Ça n'a pas très bien marché, à commencer par les militants qui ont massivement pratiqué la politique de la chaise vide. Plus que jamais, Manuel Valls aurait dû rester sur place et aller à la rencontre de ceux qui ne se sont pas défilés. Je pense que ça aurait été plus payant que la petite phrase d'antisarkozisme, toujours appréciée mais aucunement rassurante.

2 - Quand le chat n'est pas là…

Valls parti, ses meilleurs ennemis ont eu beau jeu de ramener la couverture à eux et de détruire les quelques ponts que le Premier ministre avait pu jeter entre les courants. Ce phénomène est connu sous le nom de château de sable en zone inondable.

3 - Le foot plus important que le PS

Dans un parti où les seules personnes respectables sont celles de gauche, surtout si elles ont leur carte du PS, quitter un congrès pour aller à un match, c'est pire que pisser sur la tombe de Jean Jaurès, c'est cracher sur Karlyto, c'est… c'est… c'est se sarkoïser !

II - France qui souffre, gouvernement qui rit

Chaque année, le nombre de Français qui partent pendant les vacances d'été diminue. En 2015, à voir les derniers chiffres du chômage, juillet et août se passeront à la maison pour bien des foyers. Un bonheur n'arrivant jamais seul, le coût des journées de centre aéré risque d'augmenter avec la baisse des dotations de l'État, c'est déjà le cas pour les cantines. Dans beaucoup de familles, même aidées, les colonies et les journées en centre vont faire mal.

Dans ces conditions, voir le Premier ministre faire un saut de près de 1 500 km pour voir un match de foot, c'est pénible. Réellement pénible. Quand on se prive de tout, voir les dirigeants se la couler douce aux frais de la princesse ruinée que nous sommes, c'est odieux. Quand on refuse un jouet à trois euros à son gamin parce que, même trois euros, c'est impossible à débourser ; quand on croise les doigts pour que l'assistante sociale obtienne un délai auprès d'EDF ; quand on serre les fesses chaque fois qu'on ouvre le robinet par peur que l'eau soit coupée, apprendre que le chef du gouvernement va voir des types courir après un ballon, ça passe mal.

Ce matin, BFM estimait le coût du voyage à 14 000€ tandis qu'Europe 1 le chiffrait à 40 000. À la limite, passés les dix mille premiers euros, cela n'a plus d'importance, la faute majeure est commise. C'est aussi maladroit que le ministre du Travail qui se rend à Roland-Garros ou que la Garde des Sceaux montant les marches à Cannes. Cela démontre une déconnection totale d'avec la réalité et renvoie une image d'indifférence à la souffrance des Français, voire une forme de mépris.

III - L'affaire Saal est encore toute fraîche

En un an, Agnès Saal a facturé 40 000€ de taxi au contribuable. Pas de chance, ça s'est su. Encore moins de chance, ça lui a valu de perdre son poste. Heureusement, sa marraine la bonne fée veillait et la petite Agnès a très vite retrouvé un poste au sein du ministère de la Culture. La rumeur veut que l'on ait créé le poste pour elle. Les gens sont méchants.

Il y a peu encore, l'affaire aurait agité le café du Commerce et les repas de famille pendant quelques jours, puis aurait fini dans l'oubli général. Aujourd'hui, entre les temps difficiles qui ne poussent pas au pardon et ces affreux réseaux sociaux où les gens peuvent se parler librement (horreur !), le scandale Saal ne se tasse pas. Même que la délicate Fleur Pellerin a dû demander qu'on enquête.

Bref, tout le monde était encore monté sur ses grands chevaux que Manuel Valls ne trouve rien de mieux que d'aller griller quelques milliers ou dizaines de milliers d'euros de plus. Tss…

Deux réactions pour finir

Avec tout ça, je vous mets deux beaux tweets, c'est pour moi, ça me fait plaisir :

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[Ailleurs] LMDE, Hadopi, Mazetier, paperasse…

LMDE, une mutuelle étudiante bien généreuse

Hadopi

Eric Walter a le tort d'avoir compris que la répression seule ne servait à rien, qu'il fallait apporter une offre aussi accessible que large.

Sabine Mazetier vs Julien Aubert

Ça pourrait être un gag, c'est hélas la vie politique française. D'un côté, nous avons un député qui joue avec les nerfs de son adversaire, de l'autre, un abus de pouvoir manifeste. Le résultat est assez inquiétant pour notre liberté d'expression…

L'austérité prétendue en Europe

Article sévère mais juste sur la terrible austérité qui règnerait en Europe. Une vérité que l'on n'entend jamais dans nos médias, hélas.

Paperasse

Aussi sûrement que les impôts, taxes et charges, la paperasse asphyxie l'entreprise. En occupant excessivement les dirigeants, elle empêche la prospection de nouveaux marchés et le développement de nouveaux produits.

Des élus anachroniques

Merci pour ce moment : une critique étonnante

Gaspard Koenig a lu Merci pour ce moment, le livre de Valérie Trierweiler, et nous en livre une analyse très fine et très juste.

Régions : un aveu consternant

Les présidents de région aiment se croire indispensables et courageux, c'est très humain. Ils en viennent à faire des déclarations hallucinantes à l'instar d'Alain Rousset ici :

« (Soulignant le rôle primordial des régions dans le développement économique) "Nous inaugurons, nous, présidents de région, des usines du futur, des lieux de production qui embauchent..." »

Alain Rousset pense manifestement qu'il suffit d'être proche géographiquement des vrais acteurs économiques pour devenir l'un d'eux.

Petite cuisine de parti

Ce témoignage concerne le Parti Socialiste mais il doit être possible de retrouver l'équivalent dans n'importe lequel des grands partis français. Il explique bien des absurdités dont nous sommes témoins chaque jour.

Le 11 pièces-cuisine de Manuel Valls

Être riche, c'est mal, les dirigeants Socialistes le disent et le répètent. Et c'est bien ce qui m'embête. Je me réjouis de la bonne fortune de chacun, surtout lorsqu'elle est due au courage et au travail. Par contre, quand ça concerne quelqu'un qui n'a de cesse de confisquer le bien des autres, ça me chatouille. Et même un peu plus…

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Assemblée Nationale, des trolls à foison

Ce gouvernement vole de réussite en triomphe, redressant ici la courbe du chômage, diminuant là la dépense publique, réglant des conflits à l'étranger en quelques jours, etc… Fort de ces succès, il est normal que les ministres s'offrent quelques bons moments de trolling. Les questions au gouvernement à l'Assemblée nationale sont idéales pour cela !

Aujourd'hui, c'est Manuel Valls qui s'est régalé. L'encadrement de la manifestation à Nantes le week-end dernier a été si efficace que, pour répondre à une question sur le sujet, le ministre de l'Intérieur n'a pu s'empêcher de parler d'autre chose. Quoi de plus naturel ?

Bien sûr, l'opposition disposant d'un boulevard devant cette réponse loufoque ne pouvait trouver mieux que d'entrer dans le jeu de Manuel Valls et de quitter l'hémicycle avec l'air outragé de circonstance. Quelqu'un aurait lancé les jeux olympiques du troll qu'on n'aurait pu avoir un meilleur spectacle.

J'ignore si les élus savent à quel point les Français sont las de cette opposition stérile et de cette agitation factice, mais je ne saurais trop conseiller aux premiers d'arrêter de jouer avec les nerfs des seconds.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

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Hollande – Démission, la menace majeure selon Valls

Audition inquiétante du propriétaire de la voiture Hollande-Démission

Plainte de Manuel Valls pour « injure au gouvernement »

Et rebelote pour le dirigeable sous un prétexte pour le moins douteux

"Anti-Hollande" : le leader du mouvement interpellé pour un dirigeable en forme de quenelle

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Démagogie : la dissolution des groupes d’extrême-droite

La mort tragique de Clément Méric a donné lieu à un torrent de bêtises que rien ne peut sembler arrêter.

Après le stade « Les Antifas sont de tendres agneaux », nous passons au stade « Il faut dissoudre ces groupes ».

Notons que si Marine Le Pen, Jean-Marc Ayrault, Benoist Apparu, Manuel Valls et bien (trop) d'autres sont d'accord pour dissoudre les groupes d'extrême-droite, Jean-François Copé survole le peloton avec une demande de dissolution pour les groupes des deux extrêmes. Un poil mieux, mais seulement un poil.

Comment faut-il leur dire que ce type d'action est contre-productive ? Faut-il que Jean-Yves Camus explique que la dissolution de groupes d'extrême-droite est inutile ? « On ne peut pas faire obstacle à ces reformations »

Faut-il que ce soit Sylvain Crépon qui explique que c'est la meilleure façon de perdre de vue les membres de ces groupes ?

Comment faut-il leur dire que les spécialistes sont très réservés sur l'efficacité de la dissolution des groupes extrêmistes ?

On le voit, nos chers démagogues sont d'accord sur une proposition totalement absurde. Quant à Jean-François Copé, si je note que c'est légèrement mieux, c'est parce qu'il propose d'agir sur les 2 bords. Même si je ne doute pas de son envie de surenchérir dans la demande d'action, au moins, en s'en prenant aux deux extrêmes, il ne risque pas de créer un sentiment de martyr dans les groupes dissous.

Il est vraiment temps que le calme revienne et que cette affaire soit ramenée à une simple bagarre tragique. Hollande a besoin de rideaux de fumée pour cacher la faillite qui menace et son incapacité à agir. Ne lui faisons pas ce cadeau.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

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