Complicité médiatique

On connait l'importance de l'image en politique. Chaque geste, chaque tenue, chaque apparition est étudié pour valoriser l'acteur politique. C'est normal, regrettable parfois sans doute, mais normal. Cela fait désormais partie du job de l'élu ou du candidat et chaque faute se paye cher !

Là où il y a vraiment une dérive, c'est lorsque les médias d'information se rendent complices de la fabrication de l'image. Lorsque les plans sont cadrés pour correspondre à la mise en scène, lorsque les articles ne relatent pas l'intégralité de l'action, il y a tromperie manifeste.

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Comment Jean-Luc Mélenchon tombe petit à petit dans la folie utopiste

Cet article a été écrit par Benjamin Bousquet que j'ai l'honneur d'accueillir sur Électrice.fr. Merci Benjamin et bonne lecture à tous !

Vendredi 29 novembre dernier, sur le plateau du Grand Journal de Canal +, nous assistions à une scène télévisuelle des plus farfelues des dix dernières années. Un responsable politique de premier plan, habitué aux plateaux télévisés et aux discours formatés, sombrait dans une schizophrénie sans nom. Tenant un double discours sans même s'en rendre compte, l'homme d’extrême gauche revendiquait avec sa poigne légendaire la fameuse « liberté » du peuple, tout en imposant son propre modèle de vie. Le dimanche, disait-il, n'est pas un jour de travail. Le dimanche est un jour où l'on se repose au coin d'un lac, où l'on passe son temps en famille à bichonner ses enfants et où l'on évacue, le temps d'une journée, tout le stress véhiculé par les méandres du travail, que nous impose ce monde capitaliste.

Ainsi, en quelques sentences, Mélenchon nous livrait sa conception du monde, tel qu'il doit être. Un monde opposé à la tendance actuelle. Alors qu'on parle de travailler le dimanche, d'autoriser des enseignes à ouvrir plus tard et donc, à se rapprocher de plus en plus d'un modèle anglo-saxons, Mélenchon veut aller contre-courant, s'estimant soutenu par les gens, qu'il estime si bien représenter.

Mais il oublie que cette fameuse « liberté », le peuple français l'a déjà choisi en 2012, au moment de livrer son bulletin dans l'urne et en ne lui accordant qu'un dixième de l'opinion générale. À ce moment là, sur le plateau d'Antoine de Caunes, Mélenchon ne visualise pas encore le flop de sa manifestation du dimanche 1er décembre et du peu de soutien populaire dont il bénéficiera. Mélenchon pense savoir ce qui est bon pour le peuple, en faisant la grave erreur de croire que ce dernier n'est pas seul décisionnaire. La liberté pour certains consistera à aller faire ses courses le dimanche. Quand des gens préféreront profiter de la journée dominicale pour visiter un musée, d'autres trouveront du plaisir en bricolant ou en se rendant dans le centre commercial le plus proche. Qui est la voix bien-pensante qui a décrété que moi, Français, ait envie de passer mon dimanche après-midi au coin d'un lac ? Qui a estimé que moi, patron d'une enseigne, je ne peux ouvrir mon magasin, au moment-même où des files d'attentes entières de clients se dirigent tout droit vers ma vitrine ? Qui pense bien faire, en m'empêchant moi, jeune étudiant, d'arrondir mes fins de mois en travaillant le seul jour où mon emploi du temps me le permet ?

Si la question du travail dominical ne doit pas exclure une vigilance certaine quant aux abus de certaines entreprises vis-à-vis de leurs employés, aucune doctrine nationale n'existe pour empêcher les Français de choisir leur propre vie. Derrière les inquiétudes sur la question du travail dominical, Mélenchon cache aussi sa haine envers les patrons. Du travail dominical et des horaires plus tardifs, le candidat du Front de Gauche, en verra systématiquement des abus. Il pointera du doigt tous les patrons, ces riches voyous, sans prendre la peine de diviser ces derniers en deux catégories : les honnêtes gens, ceux qui se démènent, offrent du travail à autrui et, qui bien souvent, représentent la grande majorité. Et les malhonnêtes, très minoritaires, qui devraient, à raison, être surveillés, traqués et condamnés pour leurs éventuels abus.

Mais cette manière de mettre les gens dans des cases, de les montrer du doigt publiquement et, dans le même temps, de revendiquer corps et âme, la « liberté du peuple » n'a pas de sens. Mélenchon ôte la liberté du peuple en imposant ainsi son modèle de vie, en se prenant pour le bon samaritain prêchant contre les méchants riches. C'est oublier que de nombreuses personnes éprouvent un certain respect pour ceux qui ont réussi, pour ceux qui offrent du travail. Combien de jeunes aimeraient suivre l'exemple de leurs patrons ? Combien regardent attentivement leurs supérieurs et puisent en eux une ressource nécessaire pour, un jour, devenir à leur tour leurs propres patrons.

La lutte syndicale, bien que nécessaire, additionnée aux discours moralisateurs des Jean-Luc Mélenchon et autre Pierre Laurent n'ont fait qu'accentuer la mauvaise image du corps patronal. Mais ne serait-ce pas là tomber dans une facilité déconcertante de croire qu'ils sont tous pourris de l'intérieur, qu'aucun ne mérite une quelconque gratitude, un quelconque respect ?

Cette façon de diviser le peuple amène à la lassitude des gens, la lassitude amène à la révolte et la révolte amène à l’extrême. Le jeu de l’extrême gauche alimente celui de son -supposé- rival, l’extrême droite. Ensemble, ils détruisent un peu plus la fierté et la richesse du peuple français. Désormais, tout est prétexte pour dénoncer l'autre, pour suspecter l'autre. C'est vraiment ça que Mélenchon appelle … la liberté ?

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Démagogie : la dissolution des groupes d’extrême-droite

La mort tragique de Clément Méric a donné lieu à un torrent de bêtises que rien ne peut sembler arrêter.

Après le stade « Les Antifas sont de tendres agneaux », nous passons au stade « Il faut dissoudre ces groupes ».

Notons que si Marine Le Pen, Jean-Marc Ayrault, Benoist Apparu, Manuel Valls et bien (trop) d'autres sont d'accord pour dissoudre les groupes d'extrême-droite, Jean-François Copé survole le peloton avec une demande de dissolution pour les groupes des deux extrêmes. Un poil mieux, mais seulement un poil.

Comment faut-il leur dire que ce type d'action est contre-productive ? Faut-il que Jean-Yves Camus explique que la dissolution de groupes d'extrême-droite est inutile ? « On ne peut pas faire obstacle à ces reformations »

Faut-il que ce soit Sylvain Crépon qui explique que c'est la meilleure façon de perdre de vue les membres de ces groupes ?

Comment faut-il leur dire que les spécialistes sont très réservés sur l'efficacité de la dissolution des groupes extrêmistes ?

On le voit, nos chers démagogues sont d'accord sur une proposition totalement absurde. Quant à Jean-François Copé, si je note que c'est légèrement mieux, c'est parce qu'il propose d'agir sur les 2 bords. Même si je ne doute pas de son envie de surenchérir dans la demande d'action, au moins, en s'en prenant aux deux extrêmes, il ne risque pas de créer un sentiment de martyr dans les groupes dissous.

Il est vraiment temps que le calme revienne et que cette affaire soit ramenée à une simple bagarre tragique. Hollande a besoin de rideaux de fumée pour cacher la faillite qui menace et son incapacité à agir. Ne lui faisons pas ce cadeau.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

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