[Ailleurs] Marché du livre : Diderot ou Dickens ?

Marché du livre : Diderot ou Dickens ?

« Personnellement, je penche toujours, pour les mêmes raisons que Dickens, en faveur de la libéralisation. L'exemple suédois montre qu'un tel système a finalement trouvé un consensus, et permis d'établir un équilibre plus fin entre les différents acteurs de la chaîne du livre. C'est d'ailleurs un pays où Amazon a beaucoup de mal à percer, car des vendeurs en ligne nationaux ont émergé, proposant déjà des livres à des prix réduits, et ce, sans affecter la diversité des titres vendus ni faire péricliter les librairies traditionnelles, dont le nombre est stable depuis dix ans. »

Flattr this!

Taxe Amazon ou comment montrer qu’on est incompétent

Se mélant une fois de plus de ce qui ne le regarde pas, l'État a décidé de pénaliser Amazon au prétexte de soutenir les petits libraires.

Cette mesure montre son absurdité par plusieurs côtés :

  1. Il y a quelques mois encore, Arnaud Montebourg déroulait le tapis rouge à Amazon pour capter les emplois créés, l'entreprise américaine était alors présentée comme bienfaitrice ;
  2. Cette mesure ne pénalise pas Amazon, mais ses clients. Ce sont eux qui payeront plus cher leurs livres, ils devront soit moins en acheter, soit faire un effort supplémentaire ;
  3. Si un client renonce à commander un livre chez Amazon à cause de cette mesure, rien ne prouve qu'il ira l'acheter dans une librairie. Beaucoup d'achats en ligne sont fait tard le soir ou le dimanche et on sait que, même pour une librairie, la tendance n'est pas à l'ouverture des commerces en dehors des horaires de bureau ;
  4. La France est un beau marché pour Amazon, mais il ne lui est pas indispensable pour survivre. Si on s'acharne contre elle, l'entreprise américaine se passera de ce pays si mal gouverné, Montebourg pourra toujours pleurer sur les emplois perdus ;
  5. Chaque livre lu est une promotion de la lecture. Plus on perd l'habitude d'acheter des livres, peu importe la façon, moins les librairies ont des chances de survie.
  6. Je rajoute à tout cela que je suis à 20 kilomètres de la première librairie, cette mesure n'a pas le moindre risque d'augmenter ma fréquentation de l'une d'entre elles. Amazon, son choix immense et ses recommandations plutôt intelligentes sont une vraie chance pour moi.

    J'aime les librairies, je suis vraiment triste à chaque fermeture de l'une d'entre elles mais cette mesure ne peut en rien les aider. En revanche, un allègement des charges et taxes, via une réduction drastique des dépenses de l'État, leur ferait très certainement le plus grand bien. Hélas, il est bien plus facile de taper sur un bouc émissaire que de faire un véritable effort.

    [Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

    Flattr this!