Le FN et les abandonnés

Après la victoire du Front National à Brignoles, on a eu droit au traditionnel chœur des grands humanistes de gauche. Comme toujours depuis des dizaines d'années, ils ont entamé le grand air du « On est tous frères sauf toi, le gars du FN, casse-toi, tu pues ». Ils ont ensuite enchaîné avec les hilarants appels à la tolérance (sauf pour toi, Marine, on t'a dit) (et toi aussi, Marion).

S'il ne s'agissait que de la survie du Parti Socialiste, j'en rirais aux larmes. Malheureusement, les victoires du FN ne font pas de bien à la France, ni humainement, ni économiquement. Alors quand le PS persiste à faire croire que le FN s'adresse aux racistes et à eux seuls, ça m'exaspère.

Il y a bien longtemps que Marine Le Pen a compris que les racistes constituaient une cible bien trop petite pour ses ambitions. Très habilement, elle récupère lentement mais sûrement, des catégories qui se sentent abandonnées : les agriculteurs, les professeurs, etc.

En s'obstinant à parler de xénophobie uniquement, le gouvernement et la gauche rejettent plus que jamais les électeurs potentiels de l'extrême-droite et risquent avant tout de les conforter dans leur vote. Tendre la main à ces électeurs, ce n'est pas tendre la main au FN, c'est, au contraire, la meilleure façon de lui barrer la route. Je le répète, François Fillon a raison.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

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