Macron, la peine

Après une campagne sous acide, les électeurs ont choisi leurs finalistes, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Bon.

Mon premier réflexe a été de soupirer longuement, il n'était pas question de tergiverser. Entre un programme fantôme et un programme d'extrême-drauche, je fais de Casper mon candidat.

Nouveau soupir.

Dès qu'il a été officiellement candidat, je me suis inquiétée. Vide, baratineur sans talent, apprenti débutant sans expérience, fils à papas, Macron est comme ces hamburgers si appétissants sur l'affiche et si décevants sur le plateau.

Comparatif burger de la publicité vs burger servir

Donc, il faut aller au charbon, oublier ses espoirs, tenter de sauver ce qui peut être sauvable avec, en permanence, cette peur de faire pire que mieux. Bien sûr, Marine Le Pen à l'Élysée serait une catastrophe absolue. Entre les antifas qui iraient vandaliser les centres-villes et casser du bourgeois, les petits fachos qui se sentiraient autorisés à chasser ceux qui leur déplaisent et l'économie qui sombrerait, ce qu'une victoire du FN promet est une horreur. Bien sûr.

Pour autant, puis-je être sûre que Macron serait un chef à l'autorité reconnue et acceptée ? Non.

Quoi qu'il m'en coûte, je soutiens Macron. Enfin, j'essaye. Sérieusement, j'essaye ! Je respire un bon coup et j'y vais. Ah non, en fait, là où je voulais avancer d'un bon pas, je ne fais que piétiner. Le courage est l'une de mes qualités mais les équipes de Macron ne semblent pas avoir compris le sens du mot "contre-productif".

Quelques exemples en vrac :

Le malheureux dîner à la Rotonde

N'ergotons pas sur les tarifs en comparant avec le Fouquet's, au hasard, l'image est désastreuse. Comme si dîner dans une brasserie en vogue ne suffisait pas, Macron s'y est entouré de personnalités du monde du spectacle. L'entre-soi est apparue comme une gifle aux soutiens des candidats malheureux. Ce n'était pas tout ! Cerise sur le gâteau, Emmanuel Macron, sur un ton un peu méprisant, a dit à un journaliste qu'il s'agissait de remercier les humbles soutiens et petites mains de sa campagne.

Les groupies en délire

Entre ceux qui vendent la peau de l'ours un peu précipitamment :

et ceux qui entendent un Macron ferme et fiable alors que le candidat est champion mondial d'en même temps, il est extrêmement difficile d'assurer qu'En Marche est le bon choix, que tout va bien, qu'il faut y croire. Je lis et j'entends les doutes à chaque instant, je ne veux pas leur donner trop d'audience, je me censure mais il m'en coûte !

Une faible avance

Macron est arrivé en tête mais près du reste du peloton, cela prouve qu'il n'a pas convaincu largement, qu'il doit rassurer, préciser sa pensée… Hélas, il n'en est rien. Sollicité de toutes parts par les ambitieux sans dignité, Macron se comporte en enfant-roi capricieux et inconstant.

La stratégie du flou

Emmanuel et en même temps Macron semble oublier que, avant lui, François Hollande a joué la carte du flou à fond, qu'il a formé des gouvernements de bric et de broc et qu'il s'en est suivi des couacs en chaîne, des renoncements incessants, une explosion des impôts et du chômage. Afin de bien montrer qu'il n'a rien à voir avec son mentor, le dauphin imite le flou du sortant ? L'absurdité se consomme à la louche.

Le positionnement

Macron n'est pas le FN, il en est donc l'alternative, voilà son positionnement tout entier. C'est Manu ou Marine. On ne sait pas ce que Macron compte faire ou défendre pour les cinq ans à venir mais c'est lui ou le FN. Comment vendre une voiture dont on ignore si elle a seulement un moteur ?

La machine à plaire

Sur Twitter, Lord Mahammer a évoqué l'effet de simple exposition pour décrire le principe de la fabrique de sympathie pour Macron. Le matraquage médiatique auquel nous avons eu droit jusqu'au plus absurde confirme que cette candidature a été lancée et soutenue comme un petit pot pour bébé ("c'est bien, c'est bien, c'est bien et, en plus, c'est bien").

Il n'y a pas de fond mais du clientélisme et de la récupération à gogo. Aller à Sarcelles sans parler d'antisémitisme alors que c'est là que se commet le plus grand nombre d'agressions antisémites, puis commémorer la Shoah, la larmichette à l'œil, c'est du pur monsieur Et en même temps !

Soutien timide mais infaillible

Je crois que c'est la meilleure façon de décrire mon soutien d'Emmanuel Macron. Mon enthousiasme n'a même pas un strapontin au poulailler, mon soutien aux idées est parti à la pêche faute d'argument commercial et ma foi en ce candidat est absente sans même un mot de ses parents !

Mais c'est lui ou Le Pen. Et Le Pen, c'est non. Pas tant que je craigne qu'elle soit un autre Hitler mais bien plutôt qu'elle soit notre Chavez.

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

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