Overdose de médiocrité (1)

Depuis quelques jours, je ne fais plus que passer en coup de vent sur Twitter. Je fais une overdose de médiocrité. Entendons-nous bien, ce ne sont pas les échanges que j'ai la chance d'avoir qui me lassent, au contraire, ils me manquent cruellement. C'est de la qualité du discours politique et de l'information dont je parle. Je n'en peux plus de découvrir des propositions absurdes et des décisions dont la nocivité le dispute au cynisme, le tout rapporté dans des journaux qui ont autant de sens critique que s'ils emballaient du poisson.

Il vous faut une démonstration de l'irrationnalité qui s'étale dans ma timeline ? La voici !

Politique

Le Parti Socialiste étant au pouvoir dans les cas que je vais citer, on pourrait croire qu'ils sont les seuls visés. Il n'en est rien, la droite et le centre rivalisent de mauvaises réponses à l'état de la France. J'évite d'évoquer les extrêmes car il ne s'agit là encore que de socialisme mais sous une forme plus dure. Quoique… Les dernières lois liberticides viennent du PS et ont été largement approuvées par les Républicains.

L'État-nounou

Infantilisant chaque jour un peu plus les citoyens, sans doute dans le but de leur prendre un maximum d'argent en limitant le risque de réaction, le gouvernement produit des lois, des agences, des machins et des trucs inutiles et liberticides. Sous prétexte de protéger encore et toujours plus, il s'arroge le droit de dire le Bien et le Mal, réduit la liberté d'expression à un souvenir et place des amis à des postes prestigieux ou juteux, voire les deux.

On a un exemple typique de cette infantilisation avec la prétendue lutte contre le sexisme. Je dis bien "prétendue" car ce ne sont pas des panneaux d'affichages et des cocktails mondains qui changent les mentalités. Des initiatives comme Jamais sans elles, par exemple, sont mille fois plus intelligentes et efficaces. Si on veut lutter contre le sexisme et les discriminations faites aux femmes, il faut apprendre à celles-ci à se défendre physiquement et mentalement. Faire croire que l'État est le nouveau chevalier servant qui protègera la douce et fragile créature en toutes circonstances est aussi nuisible que scandaleux.

Le 8 septembre dernier, Laurence Rossignol a donc lancé une campagne à la fois coûteuse, vouée à l'échec et surréaliste. Sur le site de TV5monde, un article (qui semble avoir disparu) révèle toute l'absurdité du projet.

Extrait de l'article de TV5monde sur la campagne anti-sexisme de L. Rossignol

Dans cet extrait, Laurence Rossignol reconnait que le sexisme se niche dans l'inconscient collectif. Plus précisément, dans notre inconscient collectif. En une phrase, la Ministre reconnait qu'il s'agit d'un domaine (l'esprit individuel) sur lequel elle ne peut absolument pas agir et, simultanément, culpabilise tous les Français pour mieux justifier de ce gaspillage d'argent et les inévitables nouvelles lois liberticides qui en sortiront. Faut bien faire semblant d'agir, que voulez-vous !…

On remarque au passage le verbe impuissanter qui trahit soit une pauvreté culturelle de la Ministre, soit une obsession maladive pour la novlangue. Médiocrité, quand tu nous tiens…

Extrait de l'article de TV5monde sur la campagne anti-sexisme de L. Rossignol

C'est ma préférée ! La constante socialiste : ça a toujours échoué alors on va essayer plus fort ! La légèreté avec laquelle sont dépensés les impôts qui saignent les Français est sidérante. Ça ne marche pas, on va y consacrer encore plus d'argent. Ça a aussi très bien échoué avec le racisme qui a bien le vent en poupe en ce moment malgré des moyens de lutte toujours plus importants.

Enfin, s'il vous reste une petite faim, la cerise sur le gâteau  se cache dans ce tweet :
Tweet de France Inter citant L. Rossignol

Par comportement, Laurence Rossignol voulait-elle parler du fait de nommer une femme marraine d'une campagne pour la remercier de services très privés ? On se perd en conjectures…

Ce qu'il y a de bien avec le sexisme, c'est que n'importe quel ministère peut s'engager dans la lutte. La ministre de la Culture, dont le poste est toujours propice au plus grand WTF, tient à nous prouver qu'elle a besoin de s'occuper. Oh, elle pourrait lire des livres afin de pouvoir évoquer des auteurs en citant le titre exact de leurs œuvres, mais ce serait d'un banal ! Et puis, horreur !, elle ne pourrait pas venir en parler à la télé, ce qui serait sacrément embêtant, vous en conviendrez. Pas pour nous, ses collègues se chargent déjà aimablement de nous distraire, mais pour elle, bien sûr.

Bref, Audrey Azoulay a renoncé à son maroquin pour devenir attachée de presse des dessinatrices de BD. Ah non, pardon, elle va exercer cette fonction en tant que ministre, pour s'occuper donc. Et hop ! Regardez la belle écharpe de Miss Antisexisme dont la Ministre se drape ! Applaudissements dans la foule ! Ça mérite bien une augmentation du budget du Ministère. Il n'y a que ces rascals d'ultra-turbo-facho-libéraux de l'Ifrap pour s'y opposer !

Notons que mesdames Rossignol et Azoulay foncent dans le même mur de la réalité, aucun suspense, c'est nul.

--- Fin de la première partie ---
Suite au prochain épisode : Overdose de médiocrité (2)

[Copyright : Delphine Dumont - Tous droits réservés]

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