You say you want a revolution

Le constat est clair, nous sommes arrivés à la fin d'un système politique. Les réformes indispensables ont été repoussées sans cesse tandis que la vie quotidienne accélérait. Le point de rupture est proche et ça va craquer. J'ignore quand, où, comment et pourquoi mais je ne suis pas très rassurée.

La fin d'un système

Cela fait des années que j'observe avec inquiétude notre sphère politique s'éloignant de la réalité. Alors que les Français vivent en temps réel (curieusement), nos élus et leurs cabinets persistent à tenir des discours insensés et proposer des programmes déconnectés. Leurs idées ne sont même pas archaïques, elles sont absurdes.

Des légendes tiennent lieu de bases de réflexion à nos prétendues élites, en particulier sur les entreprises (des vaches à traire toujours plus), les employeurs (des suppôts de Satan sous acide) et le reste du monde (ces nécessiteux qui ont tant besoin de la France).

Ce qui me frappe le plus, c'est l'impression de distorsion d'espace et de temps. C'est un peu comme si nos élus vivaient à un autre rythme, nous sommes de petits papillons et eux des tortues des Galápagos.

La France sans frontières

Tandis qu'une bonne partie de notre classe politique pantoufle de fromages en cabinets, les Français vivent dans leur époque. Pour leurs vacances, ceux qui le peuvent encore voyagent dans le monde entier. Pour leurs repas, mes compatriotes dégustent des spécialités japonaises, orientales, sud-américaines, etc. Pour leur culture, ils regardent des séries américaines en streaming mais aussi des petits films d'auteur qui n'auront jamais les honneurs des salles obscures.

Les Français échangent avec des internautes du monde entier, partagent leurs photos, leurs recettes, leurs impressions, etc. Les jeunes savent prendre l'avion, les étudiants pour finir leurs cursus, les jeunes diplômés pour trouver leur premier emploi ou celui qui les lancera vraiment. Ils n'hésitent pas à être serveurs en Grande-Bretagne car ils savent que ce n'est qu'une étape.

Bref, le monde tourne et la France coule.

Ce n'est qu'une question de temps

Tant du côté des Français que du côté de nos partenaires européens, la pression monte et, tôt ou tard, le couvercle explosera. Je ne sais pas quand cela se produira, ni comment. Il est possible qu'un minuscule mouvement local cristallise les colères et fasse boule de neige, le printemps tunisien est bien parti du suicide d'un petit vendeur de fruits et légumes.

Depuis environ un an, je suis sollicitée par de nombreuses personnes pour rejoindre tel ou tel mouvement. Je remercie d'ailleurs à nouveau ceux qui m'ont invitée. Le point commun entre ces groupes est leur expression d'un ras-le-bol et une soif de renouveau et de liberté (les limites varient selon les initiatives).

Un autre point commun est, hélas !, une vision très floue du but et du moyen d'y parvenir.

Comment faire en douceur ?

En lisant les billets d'Autheuil, on voit à quel point le pouvoir est à la fois concentré et éparpillé. La concentration vient du cumul des mandats et d'une connivence mâtinée de népotisme. L'éparpillement vient de l'infinie variété des domaines d'interventions de l'État et de l'imagination sans fin de nos élus pour la création d'agences, commissions, délégations, etc.

Bref, comment renverse-t-on une table aussi lourde ? Que fait-on des milliers (millions ?) de fonctionnaires et contractuels devenus inutiles ? Tout le monde au chômage et chacun pour soi ? Ce serait le plus efficace mais il y a fort à parier qu'un pays qui compte 8 millions de fonctionnaires et assimilés ne s'enthousiasme pas pour un parti qui proposerait ça.

Ce n'est qu'un exemple de toutes les questions pour lesquelles j'aimerais une réponse construite et argumentée.

Quand on voit les réactions soulevées par la bien timide réforme El Khomri, on imagine bien que même si on élisait un très courageux libéral, il aura du mal à aller vite.

Et, si la voie douce/officielle échoue, que reste-t-il ?

La peste ou le choléra

Si notre pays ne se réforme pas tout seul, toutes les frustrations rejoindront tous les désespoirs et le résultat ne sera pas beau à voir. #peste

La seule chose que j'ignore, c'est si la France aura d'abord été placée sous tutelle, ce qui ne règlera rien et entraînera l'explosion. #choléra suivi de #peste

Alors c'est foutu ?

C'est très mal parti. La seule chance pour que ce ne soit pas définitivement foutu, c'est que tous les mouvements dont je parlais plus haut se retrouvent, consultent des insiders afin d'avoir la vision la plus exacte possible de la machine, se mettent d'accord sur les urgences et les réponses à y apporter et produisent un projet fédérateur.

Delphine Dumont

You say you want a revolution
Well, you know
We all want to change the world

But when you talk about destruction
Don't you know that you can count me out

Don't you know it's gonna be alright
Alright, alright

[John Lennon - Paul McCartney]

Post-scriptum

Quelques uns des mouvements sont cités dans ce commentaire chez Vinvin :
– laprimaire.org
– Ma Voix
– Voxe.org
– DemocracyOS
– Cap Collectif
– Parlement et citoyen
– Les ateliers constituants
– Fluicity
– Démocratie Ouverte

J'y ajoute La Transition et FQSP. N'hésitez pas à ajouter en commentaire ceux que vous connaissez.

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